Four / Moulin


Le Moulin Lapérouse


2010

Le petit moulin Lapérouse

Les travaux continuent d’avancer au moulin Lapérouse, dont la réhabilitation a débuté, il y a maintenant 2 ans.

Ce printemps, la construction du canal d’amenée d’eau a commencé, ouvrage réalisé en pierres de pays récupérées dans divers endroits de la commune. Celles-ci ont été entièrement triées à la main

puis nettoyées avant d’être soigneusement posées dans un lit de béton par les maîtres maçons de la commune.

L’arrivée des vacances d’été a permis la construction de la roue dans l’entreprise MCD. Celle-ci a mis à notre disposition, pendant ses congés, ses machines et son savoir-faire pour mener à bien cette opération très délicate. Cette roue est constituée d’un moyeu central métallique dont une

partie a été tournée par l’entreprise Pacaud de La Bâtie-Divisin. L’autre partie, les flasques métalliques de 15 millimètres d’épaisseur qui reçoivent les rayons en bois, ont été découpes à l’eau

sous pression dans une usine de St Victor-De-Cessieu.

L’assemblage de ces pièces métalliques a nécessite une soixantaine d’heures de soudure. La partie

bois, quand à elle représente 310 heures de travail pour transformer environ 2,5 m3 de chêne brut en diverses pièces constituant la roue. La fixation de toutes ces pièces s’est faite de 256 vis,

écrous et rondelles; le nombre de rayons est de 8, le nombre d’augets est de 24, le moyeu central est de forme octogonale. Le poids total de la roue est d’environ 1,5 tonne.

Tout le monde a été heureux de participer à cette réalisation, dans les locaux de l’entreprise MCD, car cela a été sans doute, pour chacun d’entre nous, l’occasion unique de voir travailler des machines à commandes numériques dont la précision dépasse l’entendement des néophytes que nous sommes.

Mais notre admiration va, avant tout, vers ceux qui sont capables de programmer ces machines et de les faire fonctionner sans accros. Cette tache est revenue aux trois plus jeunes d’entre nous, Kevin, Florian et Jérôme, et nous les en félicitons.

Le stockage de la roue s’est fait chez Jacques Marion qui veille sur elle en attendant Ie Comice 2010 dont elle sera le fer de lance.

Puis l’automne est très vite arrivé. Nous avons pu faire scier les chênes, qui ont été donnés par Maurice Bonnaud, pour refaire le plancher. Ceux-ci ont permis de faire de belles poutres qui ont fait couler beaucoup de sueurs pour leur mise en place. Puis le plancher en peuplier a été posé, ce qui je l’espère, va nous permettre de rentrer dans le moulin, avant l’hiver, les meules entreposées jusqu’ici chez Germaine Gagneux.

Je profite de ce compte rendu pour remercier toutes les personnes qui ont mis à notre disposition leurs locaux pour l’exécution de travaux ou pour le stockage, toutes les personnes qui ont fait don de matière ainsi que tous les bénévoles qui répondent toujours avec enthousiasme et gentillesse à

nos sollicitations.

Que l’étoile, qui est représentée au centre de la roue et qui symbolise l’énergie qui naît à chaque instant au cœur de l’univers, apporte à chacun beaucoup d’amour, de joie, de bonheur et de santé

tout au long de l’année 2010.

Bernard Vieux-Melchior, janvier 2010


2008

Quand les habitants de Saint-Ondras apportent de l’eau au moulin…

Le petit moulin Lapérouse situe sur le ruisseau du Combeau, entre le Pont du Chemin de La Chapelle et la maison de Bernard Degoutte, vit le jour dans les années 1858 après que deux autres moulins du même type construits sur le ruisseau de la Cochatière furent détruits. L’un fut dévasté par le feu et l’autre fut emporte par une crue inhabituelle. Ce petit moulin, propriété de Mr et Mme Cloitre de St-Ondras, était un peu comme un grand-père ou une grand-mère qui se tient au coin du feu et qui fait le moins de bruit possible pour ne pas déranger, et qui se sent un peu coupable de ne plus pouvoir participer activement a la vie de tous les jours. Lui il se tenait discrètement auprès du ruisseau du Combeau.

II y a bien longtemps que celui-ci n’a pas emprunté le petit chenal pour faire chanter et siffler la roue à augets qui animait les meules, qui cassaient les grains de blé pour faire la farine. Cette roue, dit-on, aurait été volée au milieu du siècle dernier après que l’exploitation de ce moulin ait été arrêtée.

Devenu propriété de Mr et Mme Cloitre par héritage, ceux-ci avec leur esprit généreux et bienveillant ont fait en sorte que ce petit moulin silencieux et pudique porte toujours un beau chapeau étanche pour pouvoir affronter sans risque les intempéries (pluie, vent, neige, soleil ardent l’été) et ainsi protéger les murs en pisé qui le constituent. Ils ont ainsi veillé a conserver cette trace de l’histoire de notre petite commune rurale des terres froides. Celle-ci était quotidiennement présente devant nos yeux mais la vie de plus en plus rapide et pressée l’écartait inéluctablement de notre champ de vision, si bien que beaucoup de gens en avaient oublié jusqu’à son existence.

Refuge merveilleux pour les gamins de chaque génération du village, il a laissé dans le cœur de chacun des moments de rêves inoubliables. II devenait pour un instant une forteresse imprenable ou bien une chaumière idyllique ou fées et lutins partageaient avec eux l’espace accompagné par le chant de l’eau qui apaisait et emportait au loin leurs petits chagrins.

Mais comment en est on arrivé à imaginer la réhabilitation de ce moulin?

L’idée de la construction d’une roue a germe après que l’aménagement de la traversée de Vercours ait été réalisé. L’idée première était de mettre celle-ci dans la partie située en face de l’ancienne boucherie Forgue contre le mur de Mr Jacquet pour rappeler celle de l’ancien Moulin Marion. Démontée lors des travaux d’aménagement, elle n’a put être malheureusement récupérée car elle était en trop mauvais état. Celle-ci, a l’époque animait un pressoir a huile, situé sur le chemin du Moulin de Cour. Mais ce projet trop compliqué techniquement pour être réalisable fut abandonné pour ce lieu. L’idée a continué son cheminement et avec la ténacité de la truite, elle a remonté a contre courant le ruisseau et lorsqu’elle est arrivée vers le Moulin Lapérouse, elle a su que tout naturellement, s’il devait être construit une roue c’est ici qu’elle avait sa place.

Est-ce l’idée qui s’est arrêtée au moulin, ou est-ce le moulin qui a arrêté l’idée? Difficile de répondre à cette question, mais je pense que l’âme du moulin a usé de tous ses charmes pour fixer notre attention sur elle et faire naitre en chacun d’entre nous l’idée de ce projet ambitieux. Celui-ci a pris forme après la réunion qui a eu lieu avec la population le 6 Avril 2007. Elle a accueilli environ une cinquantaine de personnes. Jeunes et moins jeunes, ont répondu à l’appel et en ce sens ce projet a déjà atteint son objectif premier : celui de réunir et de fédérer les habitants de la commune ainsi que les générations autour d’un projet collectif.

Aujourd’hui ce projet permet a chacun de réaliser l’inachevé de ceux qui nous ont précédés et il permettra demain aux générations qui nous suivent de réaliser le notre. Dans cette dynamique des générations nous assurerons ainsi la pérennité du mouvement associatif de notre commune dans le respect de notre passé tout en ayant un regard attentif sur la construction de notre avenir dont chacun espère au fond de lui rester encore maitre longtemps.

Ce projet a un coût financier :

Achat du moulin a Mr et Mme Cloitre 1 200 €, 2 000 mètres de terrain 510 €,bornage 730 €, Notaire 750 €, Meule et mécanisme 1 300 €,soit un total actuel de 4 480 €.

II reste à évaluer le coup des travaux de réhabilitation de l’amenée d’eau au moulin, l’aménagement intérieur pour remonter le mécanisme, la confection de la roue a augets et l’aménagement extérieur avec une passerelle pour permettre aux randonneurs d’accéder à ce moulin.

Le financement de tout ceci sera assuré par une souscription mise en place et qui peut répondre au souhait de certaines personnes désireuses de faire un don. II sera également assuré par des subventions extérieures et intérieures par l’intermédiaire d’associations existantes et notamment la commission des fleurs gérée par le comite des fêtes. Une autre source de financement est aujourd’hui a l’étude, c’est de prendre, en 2009 ou 2010, le comice agricole, dont le thème, pourrait être celui de l’eau. A méditer.

Les travaux de clôture et de nettoyage ont été effectués cet été et ont permis de tester la motivation de chacun qui va bien au-delà de ce qui l’on aurait pu espérer, puisque dons un esprit très convivial, jeunes et moins jeunes, hommes et femmes, ont répondu a l’appel et ont mis au service de ce projet leur compétence, leur matériel, ou tout simplement leurs bras et leur joie de vivre.

Se retrouver dans ce projet c’est oublier, pour quelques instants, les tracas de la vie de tous les jours, c’est partager un moment avec d’autres personnes de la commune que l’on n’a pas forcement l’habitude de côtoyer. C’est aussi apporter a la communauté quelque chose d’unique : le don de soi. Je ne peux terminer ce premier compte rendu sans remercier, au nom de tous les participants, Mr et Mme Cloitre qui ont immédiatement adhéré a ce projet en acceptant de vendre cette propriété et également pour leur gentillesse (ils nous ont assuré très généreusement chaque fois, le café du matin et l’apéro de midi). Je n’oublie pas non plus Mr et Mme Poitevin qui ont cédé du terrain pour permettre a ce projet de ne pas se trouver trop confiné dans un espace restreint et permettre ainsi une libre circulation des personnes et un entretien futur beaucoup plus facile. En nous autorisant le passage sur leur propriété, ils nous permettent également de réaliser bien plus facilement les travaux. Nous remercions ces deux familles pour leurs encouragements car comme nous ils ont déjà dans leur esprit et leur cœur la vision de ce projet qui sera réalisé demain et que Gérard Vincent nous permet de visualiser grâce à son dessin au crayon et nous l’en remercions également.

Bernard VIEUX-MELCHIOR, janvier 2008


Le moulin en fête 2019

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L’inauguration et la fête du moulin 2015

Et enfin le jour de l’inauguration et de la fête du moulin est arrivé. C’était le 16 mai 2015.


La réhabilitation du moulin

Un peu d’histoire…

Niché dans le creux du ruisseau du Combeau, il est né vers 1850 et pendant des décennies a fidèlement moulu le grain, donnant ainsi la farine nécessaire à la fabrication du pain, aliment de base de la société d’autrefois.

Le moulin jouait un rôle primordial. On attribuait même au meunier le pouvoir de guérir l’échappe (une maladie des ganglions) ou les rhumatismes en frappant la partie malade de son marteau à rhabiller la meule. Notre village comptait plusieurs moulins, construits en pisé, et dont certains ont été emportés par des crues.

Mais l’apparition des machines à vapeur et des minoteries industrielles fait disparaître de nos campagnes et de nos paysages les moulins d’autrefois. Le petit moulin Lapérouse cesse son activité ; sa roue est volée au cours du siècle dernier.

La réhabilitation…

Les propriétaires avaient préservé le bâtiment en rénovant le toit, mais il y manquait toujours la roue ! Dès 2007, l’idée germe, lancée par quelques passionnés. La mairie achète alors le moulin. Le coup d’envoi est donné lors d’une réunion avec la population à laquelle jeunes et moins jeunes ont répondu présents. Chacun apportera son expérience et un peu de son temps. Quelques subventions sont obtenues de la Région Rhône Alpes et la Fondation du Patrimoine.

Depuis, des bénévoles organisés et efficaces consacrent un peu… beaucoup… de leurs congés à la remise en état du petit édifice : solivage, couverture, maçonnerie en pisé et en pierre, clôtures et passerelles, élégage et désherbage… Dans une ambiance joyeuse, les journées s’allongent et le travail avance bien.

En 2010 , la commune de Saint-Ondras organise le Comice Agricole dont le thème sera l’Eau. Le petit moulin Lapérouse prend ainsi toute sa dimension lors de cet évènement. Les habitants de la commune, tous bénévoles, ont donné leur temps et leur énergie pour faire vivre le projet un peu fou de recréer le moulin à taille réelle, au milieu d’une mare de 30 mètres de diamètre. Tous s’en souviennent encore !

L’aboutissement… 2014.

Tous les efforts de nos bénévoles ont porté leurs fruits. Les travaux de gros œuvre sont terminés. Les clotures et les passerelles sont en place. Le chenal est opérationnel. Bien sûr, manquent encore des travaux de finition et le fleurissement pour donner tout son charme à ce ravissant ouvrage.

Lieu de promenade familiale, découverte pour les touristes visitant notre belle région, car le moulin se trouve sur les sentiers départementaux de promenade et de randonnée, activité pédagogique pour les enfants de nos écoles et plus encore fierté pour notre commune, le petit moulin Lapérouse aura alors devant lui de longues décennies pour instruire et émouvoir.

Brigitte HEUSTACHE-MARMOUX


La chanson du moulin

J’suis tout seul au fond d’mon talus
Les branches m’étouffent, on n’ me voit plus.
Mais moi j’vois toujours passer le ruisseau.
Il m’ignore il ne me donne plus d’eau.
Mais que puis-je faire les habitants m’ont oublié
C’est du passé !
Et ça m’fais du mal d’y penser.

Il va y avoir deux cents années
Que je n’ai pas vu un grain de blé.
J’ voudrais faire de la farine et du son.
Pour nourrir au moins les petits pinsons.
Personne n’viendra me secourir,
Y a rien à faire, je vais mourir,
Y a plus d’espoir, tout est noir.

Depuis longtemps tous les enfants
Qui jouaient tout autour de moi
Sont aujourd’hui devenus grands-parents
Et ne viennent plus courir dans mes bois,
Et à part deux ou trois pêcheurs.
Je ne vois personne et j’ai peur.
Qui va changer ma destinée ?

Merci Francette, merci Lulu,
Ça je n’ai l’aurais jamais cru.
Sont venus une équipe de bons garçons
Des menuisiers et aussi des maçons,
Des ferrailleurs et des soudeurs.
Qui vont réparer mon moteur
Je reprends goût au bonheur

Ont monté des murs de cailloux.
M’ont mis des meules et une roue.
Pour l’entraîner il lui faudra de l’eau
Puisée chez mon vieux copain le Combeau.
Je vais pouvoir- retravailler
Moudre, écraser, ne plus dormir,
J’ai retrouvé le sourire

J’ai vu aussi de jolies dames
Qui m’ont donné du baume à l’âme
Elles m’ont admiré et photographié
Leurs hommes elles les ont encouragés
Elles pensent même à me fleurir
Et je ne peux que les chérir
Pour la douceur qu’elles m’ont donnée

Je vous remercie les copains,
Qui m’ont rendu la vie enfin
Je ferais pour vous tout ce que je peux,
Et bien sûr je le ferai de mon mieux.
Pour qu’ vos enfants, vos p’tits enfants
Soient fiers de vous pendant longtemps,
Soyez un modèle pour eux

J’espère que vous resterez Amis,
Lapérouse vous a réuni,
Des coups de gueule il y en a eu pourtant
Mais ils se sont résolus simplement.
C’est vous tous qui m’avez sauvé,
Et moi je vous ai rassemblé
Ça me rend heureux et comblé.

Paroles de Christiane et Pierrot.
Sur l’air de « The sound of silence » de Simon et Garfunkel


Fête du moulin 2017